Histoire du sel
En entendant le mot sel, la plupart d'entre nous pense à cet assaisonement blanc et granuleux que nous retrouvons sur la plupart des tables au cours de nos repas

Bien sûr il s'agit bien de cela mais de bien plus encore...
Depuis que le monde est monde, le sel est, avec l’eau, l’un des produits les plus utilisés par l’homme.
De par sa qualité de produit sans substitut, donc irremplaçable, le sel est partout présent dans la vie humaine, animale et dans les industries les plus diverses.

Rien n’a de goût sans sel : la saveur salée est classée parmi les quatre sensations gustatives fondamentales.
Le sel est un élément si vital pour le corps humain que, lorsqu'une personne est gravement blessée, on lui injecte une solution isotonique de sel (sérum physiologique) pour la maintenir en vie.
Sel

Dans l’Antiquité, on échangeait les esclaves contre du sel. De plus, dans nombre de pays, le sel avait valeur de monnaie d'échange, au même titre que les numéraires modernes.
Les mots français «salaire» et anglais «salary» découlent de l'expression salarium argentium, par laquelle on désignait les rations de sel spéciales dont étaient munis les soldats romains

Le sel est également l'un des conservateurs alimentaires les plus connus, des plus efficaces et des plus utilisés (il a aussi été utilisé pour conserver les momies egyptiennes)


La gabelle : impôt royal prélevé sur la vente du sel
Sans doute inventé par Philippe V le Long, l’impôt sur le sel est associé par Philippe VI de Valois au monopole royal décrété par lui en 1331, puis en 1342, sur la vente de ce produit. Le principe de base est simple : le sel ne peut être vendu, moyennant paiement d’une taxe, que dans «les greniers royaux à sel».

Par l’ordonnance de mai 1680, Colbert associe la gestion d’autres impôts indirects royaux (aides, traites) à celle des gabelles et, surtout, codifie le règlement général des gabelles.

Guérande Les revenus de la gabelle augmentent considérablement pendant la période moderne : elle rapporte 13 millions de livres au Trésor en 1646 et 47 en 1774, soit plus que la capitation ou le vingtième, et presque autant que la taille. C’est donc une ressource essentielle de la monarchie qui attache au contrôle du sel la plus sévère attention.

Le prélèvement et le contrôle fiscal s’opèrent à tous les stades du commerce du sel : du «fournissement» à la répression des fraudes. Ceci rend nécessaire un personnel important d’officiers administratifs et de militaires, appelés «gabelous» et chargés de réprimer les fraudes commises par les «faux-sauniers».

Les contrevenants aux règles concernant le commerce du sel sont soumis à des peines très rudes, comme six ans de galères pour contrebande récidiviste à pied et sans armes. Les juges participant à cette contrebande sont toujours condamnés à mort. Cette rigueur, au XVIIIe siècle, est devenue souvent plus théorique que réelle, et le fouet pour les femmes n’est plus, dans le Maine, qu’un lointain souvenir. Mais la panoplie des peines, l’incohérence de la géographie, les abus des officiers et des gabelous cristallisent la haine du tiers état contre la gabelle, impôt symbolique de l’Ancien Régime, et qui sera une des causes directes de la révolution de 1789.